
Nous sommes partis de San Pedro le 15/01 pour rejoindre Antofagasta, ville du Chili à 100km de laquelle se situe le Very Large Telescope, immense observatoire européen.
Les visites se font à 10h et 14h tous les samedis, et il faut réserver sur le site de l’ESO.
Le bus est arrivé à 21h30 à Antofagasta, et la visite de l’observatoire était à 9h30 le lendemain matin.
Nous nous sommes logés dans l’hôtel situé ci dessous (le petit point rouge à deux rues du terminal, pour 30 000 CLP la nuit) :
Renseignements pris, seulement deux bus nous permettaient de parvenir à l’observatoire à l’heure le lendemain. Le 1er à 4h05, le 2ème à 6h20. Nous nous sommes donc levés pour être à 4h au terminal, et nous avons commencé à attendre. Tous les bus partaient au nord, et celui de 4h05 pour Santiago avaient beaucoup de retard.
Finalement, nous convainquons le chaufeur du bus enfin arrivé de nous laisser sortir du bus hors arrêt officiel.
Il nous fera finalement descendre dans le noir, dans le désert, à 5h du matin et à 50km de l’endroit où nous pensions qu’il nous déposerait (Oups). Un camion de Coca Cola nous repère en train d’agiter les lampes torches de nos téléphones, et nous dépose gentiment à l’intersection de la route menant à l’observatoire (chemin en blanc ci-dessous). Les premières lueurs du soleil apparaissent et il nous reste encore 1h30 de marche dans le désert. Ça y est, nous sommes arrivés à Paranal !
Là haut le gardien nous demande de garer notre voiture à l’intérieur du parc puis éclate de rire quand nous lui expliquons que nous sommes venus à pieds. Apparemment c’est la première fois qu’il voit ça, mais il est jeune 🙂
Nous rencontrons Philippe, qui nous prend dans sa voiture de location pour la journée. 50 personnes suivront le tour en espagnol, 4 en Anglais. Nous partons avec elles !
L’observatoire de Paranal est constitué de 4 unités de télescopes composant le VLT et de deux autres télescopes de cartographies du ciel : VISTA et VST.
Le VISTA est sur la colline avoisinante, et relève la lumière infrarouge. Le VST repose sur la même plateforme que le VLT, qui étudie comme le VLT, la lumière visible du ciel. Autant le VLT, est dédié à des recherches pointues, autant ces deux là sont là pour établir une cartographie du ciel la plus précise possible.
Sur la photo ci dessus, vous voyez les 4 gros télescopes du VLT, dans lesquels se trouvent les miroirs de 8,2 m de diamètre. Nous avons visité le 1er sur la droite. Autour de chaque gros télescopes, gravitent des télescopes plus petits qui se déplacent sur des rails pour former un interféromètre géant de 200m de diamètre ! Chacun d’eux contient un miroir principal d’1,8m de diamètre, ce qui se rapproche déjà plus de la taille de mon kaléidoscope.

Un laboratoire souterrain combine les télescopes chaque nuit pour répondre au besoin de l’unique chercheur, et de son opérateur télescope pendant que les autres chercheurs attendent leur tour dans la petite ville située en contrebas. La combinaison maximale constitue un interféromètre gigantesque de 200m de diamètre ! C’est grâce à ce système que le VLT peut aujourd’hui observer des exo-planètes, les étoiles autour dutrou noir au centre de la voie lactée, la lumière des rayons gamma les plus lointains jamais observés …

Le lieu d’établissement du VLT a été sélectionné pour ses conditions atmosphériques privilégiées (du point de vue astronomique en tout cas …) :
- la proximité avec la mer permet de limiter les variations de température saisonnières ;
- 350 jours de beau temps sur 365 ;
- l’air est si sec que les particules d’eau interfèrent très peu avec les mesures ;
- Il n’y a pas de parasitage lumineux du à la présence de villes ou de routes proches.
D’ailleurs, vu de l’extérieur, nous voyons vers l’ouest la mer à perte de vue, et à l’est, la délimitation avec l’Argentine symbolisée par le volcan Llullaillaco (y a 6 L !!).
Vu de l’intérieur, la bête comprend un miroir principal de 33T, nettoyé au CO2 chaque semaine pour en retirer les particules qui s’y seraient déposées.

Tous les 6 mois, le miroir et son support sont démontés (arf) et ré-oxydés à l’aluminium pour rester bien brillants.
Si d’aventure le miroir se brisait, il faudrait réouvrir les entrepôts de fabrication. Le miroir est coulé en Allemagne, puis refroidi sous contrôle pendant 3 ans dans un four. Il part ensuite se faire polir en France, et est transporté pour montage au Chili.
Le système des verrins et du miroir est signé Giat Industries (pour ceux qui connaissent). Ces 150 verrins placés sous le miroir portent le doux nom d’optique active, ils gèrent au nanomètre la déformation du miroir.
Parmi les autres faits intéressants, afin d’éviter la condensation sur le miroir et les turbulences lors de l’ouverture du télescope, la température dans le bâtiment est maintenue à la température extérieure de la nuit précédente. Il fait donc froid. Et dehors chaud. Et maintenant je renifle.
Un système de correction de la distorsion atmosphérique (ce qui fait entre autre que les étoiles clignotent) portant le nom d’optique adaptative est mis en place au VLT pour plus de précision. Il s’agit d’un laser de 6w (nous a-t-on dit) qui simule une étoile artificielle. Le faisceau lumineux engendré indique la distorsion.
Pour les amateurs de Starwars, nous avons également visité l’hôtel des scientifiques, dans lequel Quantum of Solace a été tourné pour un ènieme Indiana Jones (ceux qui savent retrouveront le vrai).

Sympa la vie d’un scientifique :

Suite à ces visites, nous avons de nouveau aprécié la gentillesse de Philippe, qui nous a ramené au terminal d’Antofagasta (et nourri !), juste à temps pour le bus menant à San Pedro de Atacama.
A 22h, nous étions donc avec une quinzaine d’autres français, à observer le ciel d’Atacama grâce au tour astronomique de spaceobs (à réserver sur internet). Alain, l’astronome charismatique qui nous présentait le tour, propose une première observation du ciel à l’oeil nu (maintenant nous savons repérer un chien, un belier, ou Orion), puis nous fait admirer nébuleuses, Jupiter, étoiles doubles, et la lune, dans ses télescopes. Nous avons beaucoup aimé.



